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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 09:25


http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/65593.htm


Dans nos précédentes livraisons consacrées à l'innovation, nous vous faisions part du trouble qui agitait le capital risque américain. Nous mettions notamment en avant la difficulté de cette industrie à lever des fonds et à investir dans des projets pour les prochaines années [1]. Mais les choses sont en train de bouger. Dans notre récent rapport consacré à la question, nous indiquions déjà que 2010 avait été marquée par une légère reprise des activités de levée de fonds et d'investissements.

Mais qu'en sera-t-il pour 2011 ?

La nouvelle étude conduite par l'Association nationale des professionnels du capital risque [2] vient confirmer cette tendance. Le document fait même état de prévisions enthousiastes.

La contribution de "Venture View" tranche en effet avec l'optimisme mesuré qui régnait au sein de l'industrie des VC [3] en 2010. Ces derniers avaient alors tendance à se réfugier dans les valeurs les moins "risquées" et c'est un sentiment de frilosité qui dominait. La bonne surprise est, qu'au final, les montants totaux d'investissement de 2010 ont augmenté davantage que prévu. 2011 semble s'inscrire dans ce climat de bonne confiance. Les sociétés de capital risque semblent considérer que la crise est définitivement derrière eux. Comme le fait remarquer M. Mark Heesen, président de la NVCA, "nous pouvons maintenant nous remettre à ce que nous faisons le mieux : construire de grandes entreprises". La création de nouvelles entreprises, les innovations et la croissance qui s'ensuivent sont un important facteur de création d'emplois aux Etats-Unis. L'évolution positive du capital risque est donc une bonne nouvelle pour l'Amérique toute entière, et plus particulièrement pour sa croissance économique.

Plus de la moitié des acteurs du capital risque prévoient ainsi d'augmenter leurs investissements en 2011. C'est deux fois plus qu'en 2010 à la même époque. Plus surprenant, les chefs d'entreprises déjà financées par le capital-risque se montrent encore plus confiants dans leur capacité à lever des fonds additionnels auprès des VCs : plus de 60% d'entre eux pensent lancer un tour de financement cette année et 48% d'entre eux estiment que ce sera plus facile qu'en 2010.

Qu'est ce qui amène les PDG et les capitaux risqueurs à développer une telle confiance ?

C'est tout d'abord la conviction que la croissance s'inscrit dans une reprise durable. Comme le fait justement remarquer Mme Jessica Canning, Directrice de Recherche à l'institut "DowJones Venture Source" : "il y a un lien étroit entre l'augmentation des investissements privés et l'amélioration de la situation économique d'un pays. Les investissements privés iront à la création d'emplois, à la recherche. Les entreprises vont acquérir de nouveaux bureaux, et tout ceci va rejaillir sur l'économie américaine dans son ensemble". Les deux tiers des PDG interrogés partagent ce point de vue et tablent sur une amélioration de l'économie. Ils en attendent une augmentation des dépenses en R&D technologique ainsi qu'une augmentation de leur chiffre d'affaires et de leur rémunération.

Les professionnels du capital risque sont également très confiants sur une amélioration de leurs possibilités de sorties. Que ce soit par introduction en bourse (IPO) ou par fusion-acquisition (M&A), les professionnels du capital risque et les PDG anticipent une augmentation du nombre et du volume moyen des sorties, ce qui devrait accroître les retours sur investissement [4]. Ces prévisions en matière d'IPO font suite au début de reprise amorcée en 2010 (+ 33% par rapport à 2009). On assistera également à un retournement de tendance concernant les acquisitions : en 2011, elles devraient être de plus en plus prisées. En effet, alors que la sortie en bourse était jusqu'alors la solution la plus en vogue, 45% des PDG se disent désormais favorables à une fusion-acquisition contre 5% pour l'IPO !

Enfin, le développement de nouveaux secteurs porteurs de croissance devrait donner un coup de fouet aux investissements. Notamment dans les IT. Jusqu'à présent [5], les investissements s'étaient dirigés vers les sciences de la vie et les technologies propres, secteurs d'avenir selon les VCs. Certains d'entre eux s'attendaient même à une bulle qui n'a finalement pas eu lieu. Seuls 28% des sondés pensent qu'elle se produira en 2011.

Désormais, une majorité de VCs confirme qu'ils seront moins enclins à investir dans ces deux domaines : 60% des capitaux risqueurs comptent maintenir ou diminuer leurs investissements. Selon les professionnels, on devrait assister en 2011 à un retour en force des investissements dans les TIC, plus particulièrement dans :
- Les produits, jeux et services offerts aux particuliers sur Internet. Ainsi que les médias électroniques (journaux, livres, vidéo, télévision, etc.) [6]
- Le "Cloud Computing", qui réinvente le stockage de données, les services informatiques et la virtualisation des postes de travail
- Les télécommunications, notamment les communications mobiles (avec l'avènement des nouvelles tablettes et des nouveaux réseaux à très haut débit mobiles)

Fortement prisés depuis 2010 (plus de 80% des VCs comptent augmenter leurs investissements dans ces trois domaines), une période de sur-investissement (ou "bulle") pourrait même se produire dans ces secteurs d'activités en 2011. Il est également intéressant de noter que l'optimisme ambiant s'applique à tous les stades de développement des entreprises. Alors que jusqu'à présent, les entreprises en phase avancée de développement recueillaient la faveur des investisseurs, ces derniers prévoient désormais d'augmenter leurs investissements aussi bien dans des entreprises en phase précoce ("seed" et "early stage") qu'en phase plus avancée ("expansion" ou "late" stage). Cette position explique la confiance des PDG dans leur capacité à lever de l'argent auprès des investisseurs en 2011.

D'un point de vue géographique, peu de changements attendus. Les investisseurs pronostiquent même la montée en puissance des 3 régions phares de l'investissement que sont la Californie, la Nouvelle Angleterre et New York. Selon eux, ces régions sont les plus actives et contribuent à l'émergence de nouvelles entreprises grâce à leurs écosystèmes innovants [7]. Néanmoins, la confiance affichée ne viendra pas pour autant contrarier l'évolution structurelle de l'industrie du capital risque. Cette dernière continuera de subir un phénomène de concentration. Les petits acteurs, qui se sont très mal remis de la crise financière, sont appelés à se regrouper ou à disparaître.

Dans l'enthousiasme général, un autre aspect négatif. Les acteurs interrogés sont plutôt pessimistes quant à leur capacité à lever des fonds plus importants en 2011 : 66% des personnes interrogées pensent que le montant des fonds levés sera égal ou inférieur à 2010. En effet, les fonds de pension et les fonds de réserve universitaires - principaux pourvoyeurs de l'industrie du capital risque - tentent de compenser les pertes subies lors de la crise de 2008. Ils n'envisagent pas non plus de modifier la répartition et le volume de leurs investissements dans les fonds de VCs.

Au total, l'industrie du capital risque et les jeunes entreprises innovantes veulent croire en la reprise économique et en une sortie du tunnel en matière d'investissements. La grande volatilité de l'industrie du capital risque, à l'image des marchés financiers, nous incite cependant à une certaine retenue...A suivre donc.

 

Source (Bulletins-électroniques.com)

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L. Martinez - dans News
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