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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 17:49

Les banquiers tablent sur un flux d'opérations de désendettement, mais peu d'opérations significatives et transformantes en France. De nouvelles situations de restructurations pourraient émerger.

« On est dans un truc qui va durer », soupire un banquier d'affaires de la place. Le moral de la profession en ce début d'année est au plus bas. Renchérissement et raréfaction du financement, gel des opérations de capital-investissement, volatilité des marchés, inquiétudes sur la croissance et la consommation... Les perspectives n'ont rien de très réjouissant pour le marché du « M&A » en France et en Europe. «  Il ne va rien se passer dans les prochains mois, lâche un autre. Tous les ingrédients qui ont alimenté l'incertitude des six derniers mois sont encore là. Et en plus, il va y avoir les élections au printemps ! »

Au-delà des inquiétudes macro-économiques qui paralysent les entreprises, certains estiment que la crise va avoir un impact durable et structurel sur le marché des fusions acquisitions. Les opérations de taille significative et les grands mécanos devraient se faire structurellement rares, nombre de secteurs de l'industrie françaises étant déjà largement consolidés. « Nous allons vers un autre type de M&A plus contraint, estime Thierry D'Argent, responsable de la banque d'affaires chez Société Générale. Le marché va être davantage animé par des entreprises endettées qui cherchent à vendre des actifs pour s'alléger, et moins par des grandes opérations actives et volontaristes ».

Un certain cynisme

Même son de cloche chez un banquier anglo-saxon. « La plupart des grandes opérations transformantes sont mal perçues par les investisseurs, qui manifestent un certain cynisme sur la création de valeur. Même dans un environnement stabilisé, ils restent très critiques ». Résultat : les dirigeants devraient se replier sur des opérations moins ambitieuses, des cessions ou des acquisitions allant de 1 à 4 milliards d'euros.

Symétriquement, la crise devrait faire émerger un certain nombre de situations d'entreprises ne parvenant plus à faire face à leur endettement, et contraintes de restructurer leur dette et/ou de céder des actifs, même perçus comme stratégiques. «  Il n'y a plus de vaches sacrées, confirme un banquier. Certains groupes acceptent de placer sous revue des actifs dont ils n'auraient jamais imaginé devoir se séparer. Encore faut-il arriver à les vendre... ». Des situations du type de Veolia, Lafarge ou Groupama pourraient donc émerger dans les prochains mois. «  Le marché regarde désormais chaque chiffre d'endettement en valeur nominale et non plus en ratio, confirme Thierry Varène. Alors que les marchés obligataires sont de plus en plus sélectifs et opèrent avec des fenêtres parfois très courtes, tous ceux dont le rating pourrait se détériorer vont avoir intérêt à rééchelonner leur dette pour éviter les cessions en urgence ».

Hypothétique, la prochaine vague de « jumbo-deals » dont rêvent les banquiers pourrait bien arriver à moyen terme, mais au delà des frontières. « La croissance est ailleurs », résume l'un d'eux.

E. C., Les Echos

Source (Les Echos)

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L. Martinez - dans News
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