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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 17:54

Les grandes banques sont devenues plus sélectives dans l'octroi des financements, et en font un argument commercial avec les entreprises. Ce qui fait hurler les banquiers d'affaires qui ne font que du conseil.

C'est un conflit ancien qui se trouve ravivé très indirectement par les nouvelles normes réglementaires. D'un côté, les banquiers d'affaires qui ne font que du conseil, de l'autre, ceux qui, en plus, prêtent de l'argent aux entreprises. Entre eux, la concurrence est rude. Les premiers accusent les seconds d'acheter de prestigieux mandats de conseils auprès des dirigeants à coups de milliards d'euros. Les seconds disent s'engager aux côtés de leurs clients et accusent les premiers de se comporter en mercenaires. Mais, crise oblige, le financement se fait plus rare et plus cher, et les banques doivent être plus sélectives. Difficile d'imaginer que cela n'altère pas quelque peu les relations entre les banques et les grandes entreprises.

Pour l'instant, le phénomène est resté discret, mais personne ne doute qu'il va rebattre les cartes entre acteurs du « M&A ». «  Le financement n'est plus là et nous avons dû faire des arbitrages, résume un banquier d'affaires travaillant dans une grande banque commerciale . Or c'est un élément central de la relation avec nos clients. Le dialogue va devenir plus dur ».

Banques étrangères absentes

Plusieurs maisons françaises veulent continuer à prêter, mais en ne conservant qu'une petite part des financements sur leur bilan. Quant aux banques étrangères qui participaient il y a peu aux syndications de crédit en France, elles ont en partie déserté le marché pour se recentrer sur leurs propres clients stratégiques. Les banques obtiendront-elles aussi facilement des mandats de « M&A » sans carnet de chèques ?

Certains voient au contraire dans cette évolution l'occasion pour les grandes banques de monnayer encore plus cher leur bilan. « Le maître mot : pas de crédit sans ventes croisées, confirme un banquier « prêteur ». Les banques vont passer d'une activité basée sur les marges d'intérêt à des revenus fondés sur les commissions. Il faudra donc vendre plus de produits ». Avec le financement, il faudrait désormais vendre du conseil, des dérivés, du cash management, un placement obligataire... « On l'a vu sur le deal Vivendi SFR, déplore un banquier anglo-saxon. Quasiment aucune banque n'est intervenue dans les discussions, mais celles qui ont fait le crédit ont toutes un mandat  de M&A ! ».

Les entreprises utilisent aussi parfois la rareté du financement à leur avantage. Certaines demandent ainsi à leurs banquiers-conseil de participer aux crédits, même symboliquement, et même quand ceux-ci n'en font pas. « Elles nous demandent de faire un effort,explique un banquier d'affaires anglo-saxon. C'est une façon de justifier notre rôle. »

E. C., Les Echos

Source (Les Echos)

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L. Martinez - dans News
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