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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 04:35

Des anticipations très optimistes prévoyaient un fort rebond des opérations de fusion-acquisition aux Etats-Unis, mais non. La reprise de l'activité est plutôt conforme à ce qui se passe d'ordinaire en phase de sortie de crise. Après deux années de vaches maigres, la valeur des corbeilles de mariage entre entreprises reste étale en 2010. Rien de très excitant donc, mais si l'on en juge par le passé, il ne faut pas non plus s'en plaindre.

 

Après avoir chuté de 41 % en 2008 puis de 22 % en 2009, le montant des opérations annoncées aux Etats-Unis pour 2010 s'élève pour le moment à 322 milliards de dollars (264 milliards d'euros), soit 1 % de moins qu'en 2009. A la lumière des données de Thomson Reuters, l'évolution est assez semblable à ce que l'on a pu observer après chacune des deux dernières récessions. La traversée du désert avait duré trois ans au moment de la crise du début des années 1990, et deux ans après l'éclatement de la bulle sur les nouvelles technologies.

Au regard de la gravité de la dernière récession en date, il faut considérer que la stabilité du marché est en soi une bonne nouvelle. Certes, à Wall Street, d'aucuns avaient prédit un redémarrage beaucoup plus significatif. Goldman Sachs parlait ainsi de "raz-de-marée à venir sur les fusions-acquisitions" fin 2009, en soulignant que les entreprises disposaient d'énormes quantités de liquidités - pour la Réserve fédérale américaine, elles ont atteint un niveau record - et que les marchés de capitaux étaient favorables. De son côté, Greenhill & Co annonçait une année 2010 en or.

On avait bien senti des frémissements encourageants au dernier trimestre 2009 - citons le rachat d'IMS Health par TPG ou celui de Burlington Northern par Berkshire Hathaway - mais il n'y a pas eu de suites.

On pourrait s'en étonner. De nombreuses sociétés ont atteint leurs objectifs de profit en comprimant les coûts pendant la crise. Il ne doit plus rester grand-chose à tirer de ce procédé. Racheter des concurrents est un moyen de trouver de nouvelles sources d'économies. C'est le cas de CenturyTel et Qwest qui, après avoir chacun réduit leurs coûts, espèrent récupérer 600 millions de dollars supplémentaires en fusionnant.

Le hic, c'est que, même si l'économie américaine a cessé de se contracter, l'appétit de conquête des patrons est encore bridé par l'ampleur des risques. Le développement de l'emploi est anémique et, sur les marchés du crédit, la crise des dettes publiques européennes a fait revenir une certaine volatilité. C'est peut-être ce contexte incertain qui a contribué à faire capoter l'offre de Prudential sur les activités d'assurances d'AIG en Asie, ainsi que le projet de rachat par LBO (leveraged buy-out, acquisition par important recours à la dette) de Fidelity National Information Services pour 15 milliards de dollars. Tout bien considéré, les professionnels impatients de retrouver l'activité d'antan devraient s'estimer heureux de la situation actuelle.

 

Source (Le Monde)

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