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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 16:10

La brutalité de la crise de la dette nous prend de court. Pourtant nous savions tout. Ce qui est nouveau, c’est que ça ne peut plus durer. Les entreprises connaissent une situation assez similaire avec leur dépense informatique. Un budget en apparence hors de contrôle appelant des mesures énergiques qui pourraient s’avérer contreproductives…

Quelle différence entre la crise de la dette et la dépense informatique ?

Même si en théorie l’endettement peut être un facteur de croissance. L’heure des mesures drastiques a sonné. Des mesures qui ne laissent plus la place à la nuance ";bonne dette / mauvaise dette";. Des mesures brutales puisque la crédibilité des dirigeants est atteinte. En effet, cette situation démontre que l’endettement a servi soit à des investissements improductifs (mauvaises affaires), soit à continuer de vivre au-dessus de ses moyens (mauvaise gestion). Bref, l’heure n’est plus à la discussion !

Il en va de même pour les sommes faramineuses engouffrées par les entreprises dans leur informatique interne. Elles s’analysent soit comme des investissements à haute valeur ajoutée, soit comme une dépense de fonctionnement. Dans ce dernier cas, il est étymologiquement fondé de parler de « dépense » informatique et le niveau atteint pose naturellement question.

Combien de temps avant les mesures drastiques ?
Ne sommes-nous pas arrivés au point où tout discours sur la création de valeur par l’informatique est devenu inaudible, tant la réduction du budget IT est devenue impérieuse ? Le secteur bancaire (traditionnelle locomotive marché IT) s’apprête, du moins dans la zone euro, à lancer une telle injonction sans nuance dans le budget 2012 ! Une situation isolée ? Pour combien de temps ?

Dans ce contexte, la dernière prédiction du Gartner est à regarder de près : « Les services informatiques industrialisés low-cost vont transformer le marché des services IT ». Ces services à bas coût pourraient représenter 30% du marché, dès 2015. Une révolution !

Il se pourrait que cette prédiction s’avère plus ou moins exacte, tant la réduction de la dépense IT va devenir pressante. Il est en revanche beaucoup plus douteux que des services low-cost rendus à des entreprises qui ne le sont pas entraînent les effets attendus. La loi du low-cost est connue : c’est une affaire de gènes ! Seules les organisations nativement low-cost peuvent produire low-cost. De même, il est probable que seules les organisations low-cost puissent consommer durablement et avec bonheur des prestations low-cost.

Les services informatiques low-cost risquent d’être une mode informatique de plus. Une mode qui ne fera pas diminuer la dépense IT. Comme le dit Madame Merkel au sujet du désendettement : ";ce qui compte, ce sont les actes !";.

La merkelisation de l’informatique : un changement de paradigme

Pour lutter contre l’endettement il faut prendre des mesures énergiques certes, mais surtout des mesures courageuses. Bref, en finir avec les mauvaises habitudes ! C’est désagréable et très difficile puisqu’il s’agit de faire l’inverse de ce que l’on a fait jusqu’à présent. Il faut changer collectivement pour de vrai !

Pour lutter contre la dérive des coûts informatiques, il faut probablement revenir sur le chemin parcouru ces dernières années plutôt que se ruer sur une nouvelle tocade. Il est ainsi possible que l’heure de contingenter les ERP ait enfin sonné... En tout cas, l’heure est venue dans certaines entreprises de démonter l’usine à gaz de l’informatisation de la relation client (CRM), complètement ringardisée par l’avènement des réseaux sociaux et de ce qu’il faut appeler le f-commerce (f pour Facebook). Mais le chemin parcouru a été long. La liste des révisions est donc conséquente. La relation Moa/Moe, la gouvernance SI, l’urbanisation du SI et bien d’autres concepts qui ont grassement nourri les fournisseurs informatiques et les consultants seront bientôt sur la sellette.

Arrivera-t-on à le dire aussi brutalement ou faudra-t-il qu’on le masque sous une autre passade en vogue (entreprise 2.0, agilité, consumérisation de l’informatique…) ? Les fournisseurs et consultants ont, semble-t-il, une préférence pour la seconde hypothèse qui leur permettra, comme ils disent, de se « repositionner ».

Une chose est certaine, il faut changer nos pratiques, pour de vrai ! 

Note de LM:  
Ceux d'entre vous qui me connaissent bien savent que j'ai fait ce constat depuis 2008. Pour compléter les propos de l'auteur ci-dessus, j'ai constaté que les entreprises françaises ne font plus de projets de transformation à moyen/long terme (3 à 5 ans). Comme d'habitude, je ne me focalise pas sur le système d'information, mais plus globalement sur l'entreprise (que voulez-vous...: c'est dû à ma vision au travers du prisme de l'urbanisme/architecture d'entreprise).
Actuellement, on privilégie uniquement le ROI ("Return On Invest") immédiat, les projets nécessités par une nouvelle réglementation, ou la MCO (Maintien en conditions opérationnelles, autrement dit on "colle des rustines").
Malheureusement, l'écosystème de l'entreprise évolue, et ce de plus en plus vite. Autrement dit, ne pas adapter son système d'information aux nouvelles exigences des clients et partenaires revient à différer un investissement qui va se révéler de plus en plus coûteux.
Je m'explique:
1) Il est plus facile de réaliser un changement petit à petit que d'effectuer un "Big Bang". Or les changements n'ayant pas été instillés progressivement au cours des années par mesure d'économies, le prochain changement sera énorme et douloureux, au vu du temps perdu.
2) Le changement ne peut pas s'effectuer instantanément: il nécessite un temps de réalisation entre la prise de décision et sa mise en oeuvre. Ainsi, l'entreprise va se retrouver en état instable pendant une durée plus ou moins longue.
3) Les partenaires de l'entreprise sont eux-mêmes dans le même paradigme. Autrement dit, ils vont brutalement effectuer des changements que l'entreprise devra prendre en compte, compliquant ainsi les changements dus à l'entreprise elle-même.

Je ne prends même pas en considération le cas de deux SI qui ont divergé dans le cadre d'une FUSACQ...

Quand le moment sera arrivé, ca va être sportif...

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L. Martinez - dans News
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